
Il est 15h15 au moment où je saisis mon stylo plume, en cet après-midi de la fin octobre ; Je voudrais retranscrire ma sensation de tranquille plénitude, jugeant qu’il s’agit là de l’un de ces petits bonheurs à conserver précieusement.
Ce sentiment de bien-être sera provisoire, comme toujours …
Après avoir parcouru avec délectation une bande dessinée au son de Miles Davis, c’est à l’écoute de Poppy Ackroyd que je me suis attablé à mon écritoire.
Je suis alangui par la fin de digestion, à la limite de la torpeur car j’ai chaud, mais pas trop : mon gilet polaire passé par-dessus ma chemise de coton contrecarre parfaitement l’air frais qui pénètre par la fenêtre ouverte du salon, m’évitant l’assoupissement qui me priverait de la juste perception du moment, et me relèguerait dans le sommeil, ce voleur de temps qu’il me faut toujours repousser.
L’instant est encore suffisamment éloigné du moment où la fin prochaine du weekend ramène en lisière de conscience les obligations socio-professionnelles, mettant fin à l’insouciance du farniente.
Je profite pour l’heure du pouvoir apaisant de l’écriture, doux mélange de concentration créative et de contemplation, mobilisant la vue et la kinesthésie : ressentir l’excellence technique de mon merveilleux studio-plume et admirer comme cette encre Tsuki-Yo au coloris précieux imprègne la feuille de papier.
C’est bien.